Fausse-couche et arrêt de grossesse, IVG, IMG

Fausse-couche, le besoin d’en parler…

Vivre une fausse-couche, même très précoce, n’est jamais anodin. Cette situation est ressentie de façon extrêmement variable d’un couple à l’autre, d’une femme à l’autre: désarroi, douleur, doute, culpabilité, vide…
L’homme se sent souvent démuni pour soutenir sa femme car il ne ressent pas les choses dans son corps.

Les femmes et les couples ont besoin d’en parler. Alors que le corps médical a tendance à banaliser cet événement, étant donné la fréquence des fausses-couches précoces.

Une nouvelle grossesse est parfois retardée du fait même de la souffrance d’une fausse-couche passée.
Un accompagnement peut permettre de retrouver un état d’apaisement  physique et émotionnel par rapport à l’événement, et de donner toute sa place au nouveau projet d’enfant.

 

fausse-couche

La fréquence des fausses-couches

La mortalité embryonnaire est élevée dans l’espèce humaine : les fausses-couches repérables par les femmes et les médecins représentent environ 15 % des grossesses décelées. Une proportion plus grande encore des « produits de conception » ne se développe pas normalement et est évacuée dans les 2 premières semaines sans que la femme en ait eu connaissance. La majorité de ces échecs sont dus à des malformations génétiques graves, incompatibles avec un développement normal.

Le taux de fausses-couches « repérables » par un retard ou un arrêt des règles, varie de 12 % autour de 25 ans, 25 % autour de 37 ans, à 40% après 45 ans.

La Procréation Médicalement Assisté ne permet pas d’éviter ce processus puisque près de 20% des grossesses cliniquement confirmées se soldent malheureusement par une fausse-couche, toutes techniques et tous âges confondus.

L’intérêt d’examens complémentaires ?

Une fausse-couche traduit donc très souvent une anomalie génétique de l’embryon qui arrête de se développer. Ces anomalies génétiques sont de type accidentel la plupart du temps, c’est-à-dire sans risque de récidive. (voir aussi le temps pour mettre en route une grossesse)

En cas de fausses-couches récidivantes, la réalisation des caryotypes des parents (examen des chromosomes par prise de sang) est proposée ; à partir de 2 ou 3 fausses-couches et en fonction de la présence d’enfants déjà nés dans le couple ou pas.
Cela permet de vérifier l’absence de remaniement chromosomique parental qui pourrait entrainer un déséquilibre chromosomique chez l’embryon et une récidive de fausse-couche.
Si l’un des parents porte un remaniement chromosomique, cela augmente le risque de fausse-couche mais cela ne l’empêche pas d’avoir des enfants en bonne santé. Si une grossesse évolue bien, un suivi attentif est proposé, avec un prélèvement (par amniocentèse par exemple) pour vérifier la normalité des chromosomes du futur bébé. Dans certains cas, il peut être proposé un diagnostic pré-implantatoire (DPI) chromosomique.

L’IVG

Une interruption volontaire de grossesse peut laisser une blessure émotionnelle pendant très longtemps.
La culpabilité peut rester importante même quand la décision paraissait simple. La position de l’homme est difficile car cela ne se joue pas dans son corps.

Avoir vécu une IVG peut contribuer à une difficulté de mettre en route une grossesse plus tard. Pouvoir en parler, être accompagné dans le but de trouver un état d’apaisement, favorisera la concrétisation d’un nouveau projet d’enfant.

L’IMG

Une interruption médicale de grossesse est une situation extrêmement douloureuse sur de nombreux plans, physiquement, émotionnellement, mentalement.

Elle peut être tardive, avec un projet d’enfant et un attachement au futur bébé qui s’est renforcé au cours des mois de grossesse.

Même si les équipes médicales et paramédicales sont de mieux en mieux préparées pour accompagner les parents au plus juste dans cette situation extrême, les ressentis sont douloureux et multiples, fonctions aussi de l’histoire de vie de chacun.

Si une grossesse suivante tarde à arriver, il peut être nécessaire de revenir sur cet événement, de voir avec le couple comment reprendre confiance et donner la place à un nouveau projet de bébé, en retrouvant plus de sérénité et d’apaisement.

Les arrêts de grossesse spontanés

Si la vie du futur bébé s’arrête au stade fœtal, entre 3 mois et le terme de la grossesse, on parle de fausse-couche tardive ou de mort-in-utéro (MIU pour les médecins) ou de mort périnatale à partir de 22 semaines d’aménorrhée.
Parfois une cause est identifiée, mais quelquefois le décès reste inexpliqué, ce qui peut  induire une grande culpabilité.
Accepter la perte de l’enfant, se remettre physiquement et émotionnellement prend du temps et nécessite un accompagnement qui peut être pluridisciplinaire.

Certains couples vivent des situations extrêmement difficiles de récidives d’arrêt de grossesse, précoces ou tardives, pour des raisons non expliquées ou avec des causes médicales différentes d’une grossesse à la suivante. A ce jour la médecine se trouve souvent démunie pour expliquer ces situations de récidives.
La détresse des couples est grande et ils doivent être accompagnés sur plusieurs plans (mental, émotionnel, physique) avant qu’une grossesse puisse être vécue avec un minimum de confiance.