Y-a-t-il un âge pour concevoir un enfant ?

Y-a-t-il un âge pour concevoir un enfant ?

Nous le savons, aujourd’hui, grâce aux avancées biologiques et technologiques fulgurantes, tout est possible. A l’heure de la préservation des ovocytes, du don d’ovocytes, des grossesses pour autrui, les limites d’âge sont reculées à l’extrême.

Il n’est pas question ici de disserter sur ces sujets, ni d’envisager les problèmes sociologiques ou éthiques, largement discutés par ailleurs.

Malgré tout, la préoccupation de la majorité des femmes et des hommes d’aujourd’hui reste de concevoir un enfant par soi-même, avant d’envisager des solutions ultimes.

Grâce à la contraception, nous pouvons choisir le moment qui nous paraît idéal pour avoir nos enfants. Mais l’impact de l’âge sur la fertilité ne doit pas être oublié.
Cette information n’est pas suffisamment diffusée auprès des jeunes couples.


Les contraintes de la vie
d’aujourd’hui, études prolongées, désir de faire carrière, instabilité du marché du travail, le temps du choix du partenaire futur parent, les choix de mode de vie, risquent de nous faire retarder le moment qui serait le plus simple en terme de fertilité.

L’âge moyen des femmes qui ont leur 1er bébé est de 30,6 ans aujourd’hui (il était de 26 ans en 1975).

Une femme de 40 ans est encore jeune dans sa vie mais ses capacités de procréation sont ralenties du fait principalement de la diminution de la réserve ovarienne qui s’opère au fil des ans. Ce processus n’est pas strictement irrémédiable du fait du phénomène de néo-ovogenèse mais on a encore du mal à mesurer son importance et les facteurs favorisant ( voir A propos de la réserve ovarienne).

Au fil des années, le délai de conception pourra être plus long et demander plus de patience.

nouvelle-vie

Le délai moyen pour voir arriver une grossesse désirée est de l’ordre de 3 à 5 mois chez une femme de 20 à 30 ans, et il augmente ensuite avec l’âge, environ 8 mois à 35 ans, 16 mois à 40 ans.

Nous savons que les techniques de Procréation Médicalement Assistée (PMA) sont là pour nous aider, mais le risque est de surestimer leur bénéfice. Les parcours peuvent être longs et difficiles et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. (en moyenne 12% de chance de grossesse par tentative d’insémination, 23% par tentative de FIV)

La période de fertilité maximale pour une femme est de 20 à 35 ans,
la fertilité commence à décliner entre 35 et 40 ans, de façon plus rapide à partir de 40 ans,
avec une grande variabilité d’une femme à l’autre.

Les années défilant, les impacts des habitudes de vie sur la fertilité sont plus importants, pour l’homme comme pour la femme, et il est nécessaire d’être encore plus vigilant vis-à-vis de son hygiène de küçük parmaklar 2vie pour préserver sa fertilité (veiller à son alimentation, arrêter le tabac, préserver une activité physique, prendre soin de soi en cas de facteurs de stress).       (voir « 10 conseils »)

L’âge de la femme est toujours mis en avant parce qu’il existe une inégalité : l’âge de la femme impacte sa fertilité beaucoup plus tôt que l’âge de l’homme (pas avant 45-50 ans pour l’homme) et de façon moins drastique pour l’homme.

Un enfant après 40 ans ?

Avoir un enfant après 40 ans n’est pas un phénomène exceptionnel puisqu’il concerne plus de 40 000 naissances par an en France, dont 1 sur 4 sont des premiers bébés.

En 2015, 5% des nouveau-nés ont une mère de 40 ans ou plus, 17% des nouveau-nés ont un père de 40 ans ou plus.

La grande majorité de ces grossesses arrive spontanément.

Moins de 1500 sont conçus par PMA en France chez des femmes de 40 ans ou plus. D’autres enfants sont issus de dons d’ovocytes à l’étranger mais nous ne disposons pas encore des chiffres.

La PMA n’est plus remboursée en  France à partir de 43 ans et certains centres sont réticents à prendre en charge les femmes de plus de 40 ans parce que les chances de succès sont moins bonnes du fait du vieillissement des ovocytes.
Le don d’ovocyte est de plus en plus souvent proposé, difficile encore en France en raison du faible nombre de donneuses, plus facile à l’étranger. Cela implique que la femme soit prête à ne pas transmettre son patrimoine génétique.

Les réticences des médecins de PMA ne signifient pas que vous êtes stérile ! Statistiquement une femme sur 2 est encore fertile après 40 ans.

Quels sont les risques ?

Avec l’âge, il existe une augmentation des risques d’anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21 (risque de 2% à 40 ans) dont le dépistage prénatal est systématiquement proposé.

Ces anomalies sont aussi responsables d’une plus grande fréquence de fausses-couches spontanées précoces.

A partir de 43 ans, les obstétriciens tiennent compte d’un plus grand risque d’hypertension, de complications vasculaires, de diabète, de complications possibles de l’accouchement.

Au-delà de la médecine…

bébé, enfant

Tous ces chiffres et statistiques ne répondent pas à tout, et quelque soient les âges des futurs parents, des enfants continuent à arriver, parfois en mettant plus de temps qu’espéré, au décours d’un changement de vie, de travail, d’un déménagement, d’une prise de conscience, d’une nouvelle rencontre, d’un arrêt de traitement. L’enfant arrive parfois alors qu’on ne l’attend plus. ( voir Grossesses naturelles après arrêt des parcours de FIV)

C’est la magie de la vie que toutes les techniques médicales les plus sophistiquées ne parviendront sans doute jamais à expliquer.

Gardons à l’esprit que toutes les mesures prises pour une bonne hygiène de vie préservent notre santé, et retardent les effets de l’âge sur notre fertilité !

 

« – Bonjour, dit l’enfant
– Bonjour, répondit la future maman qui se retourna mais ne vit rien
– Qui es-tu ? dit la future maman, tu es bien joli
– Je suis ton futur enfant, dit l’enfant
– Viens jouer avec moi, lui proposa la future maman
– Je ne puis jouer avec toi, dit l’enfant, je ne suis pas apprivoisé »

   ………………………………..Librement inspiré du Petit Prince

 

Bibliographie

  • Agence de la Biomédecine, Rapport d’activité de l’Assistance Médicale à la Procréation 2015, publié en 2018
    https://www.agence-biomedecine.fr/annexes/bilan2016/donnees/procreation/01-amp/synthese.htm
  • INSEE, statistiques 2015, 2016, 2017
  • Leridon Henri, « Effets biologiques du retard à la première maternité et du recours à l’aide médicale à la procréation sur la descendance finale », Population, 2017/3 (Vol. 72), p. 463-490.
  • Leridon H., 2011, L’infertilité en France, données épidémiologiques, Actualité et Dossier en Santé Publique, 75, 11-15.
  • H. Leridon, R. Slama; The impact of a decline in fecundity and of pregnancy postponement on final number of children and demand for assisted reproduction technology, Human Reproduction, Volume 23, Issue 6, 1 June 2008, Pages 1312–1319.
  • Rozée Gomez Virginie, « Les normes de la maternité en France à l’épreuve du recours transnational de l’assistance médicale à la procréation », Recherches familiales, 2015/1 (n° 12), p. 43-55.
  • Eijkemans M.J., van Poppel F., Habbema D.F., Smith K.R., Leridon H., te Velde E.R., 2014, « Too old to have children? Lessons from natural fertility populations », Human Reproduction, 29(6), p. 1304-1312.
  • Egbert te Velde, Dik Habbema, Henri Leridon, Marinus Eijkemans; The effect of postponement of first motherhood on permanent involuntary childlessness and total fertility rate in six European countries since the 1970s, Human Reproduction, Volume 27, Issue 4, 1 April 2012, Pages 1179–1183.